• Liberté de la presse?

    Franck Annese, patron du groupe So Press, a confié avoir refusé la réécriture d'une interview d'Emmanuel Macron selon des consignes du service presse de l'Elysée. Il sera en conséquence privé d'entretien avec lui durant le quinquennat.

    Le service de presse de l'Elysée confond-il communication et journalisme ? Frank Annese, créateur du groupe So Press, éditeur du magazine Society, a fait des révélations au magazine L'Opinion le 17 avril. Le patron de presse explique qu'il a refusé de céder aux injonctions de réécriture de l'Elysée et qu'il en paie aujourd'hui le prix.

    «Je me suis accroché avec le service de presse d’Emmanuel Macron qui voulait réécrire une interview donnée à Society sur l’Afrique. Naïvement j’ai pensé que ce n’était qu’une relecture mais ils m’ont répondu cette phrase folle : "Si tu crois que l’interview de trois heures parues dans Le Point correspond aux trois heures d’entretien, tu te trompes"», explique-t-il au magazine.

    La relecture, courante dans le domaine de la presse, peut être sollicitée par l'interviewé pour vérifier la restitution de faits et de formulations. Mais peut-elle donner lieu à une métamorphose du texte pour satisfaire à des impératifs de communication ? C'est en tout cas la conception, pourtant peu déontologique, que semble avoir l'Elysée.

    Frank Annese, lui, n'a pas voulu céder aux demandes du service de presse. «Au bout du compte, nous avons publié ce que nous voulions et son service de presse nous a fait savoir que nous n’aurions plus d’interview de Macron durant le quinquennat», annonce-t-il.

    Les rédacteurs en chef en butte aux exigences de réécriture de l'Elysée

    Deux autres médias avaient récemment refusé de se plier aux pressions des services de presse du gouvernement. Le journal Les Echos avait choisi en mars de ne pas publier une interview d'Elisabeth Borne, trop corrigée par les services du Premier ministre au goût de la rédaction.  

    En janvier, confronté à des exigences de réécriture importantes d’un entretien avec Gérard Collomb, le rédacteur en chef du quotidien La Voix du Nord, avait même décidé de refuser catégoriquement la relecture des articles et a annoncé se tenir désormais à la restitution fidèle d’interviews enregistrées des responsables politiques qui accepteront cette décision.

    «Dernièrement, on nous a envoyé un texte totalement "caviardé", coupant des réponses qui avaient été faites et ajoutant des questions qui n’avaient pas été posées !», avait dénoncé Patrick Jankielewicz dans un édito. «Nous prenons nos distances avec les politiques : ils ne pourront plus relire et corriger leurs interviews avant publication, pratique qu’ils imposent à toute la presse écrite depuis des décennies», s'était-il rebiffé sur son compte Twitter.

    https://francais.rt.com/france/49976-refus-reecriture-d-entretien-avec-emmanuel-macron

    Liberté de la presse?


  • Commentaires

    1
    Samedi 28 Avril à 12:31

    ... le serpent de mer... il est des pays où la liberté de la presse n'existe pas du tout... ce n'est pas forcément mieux!!!

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