• On nous prend pour des ânes

     Bonne nouvelle pour le saucisson d'âne corse! 3 députés indépendantistes fraîchement élus à l'assemblée nationale seront sans doute les ambassadeurs de cette spécialité corse dont se régalent les touristes chaque été...

    On nous prens pour des ânes

     

                                                                                                Une curiosité qui, rappelons-le une bonne fois pour toutes, est une invention totale. Ce sont Goscinny et Uderzo qui ont eu l’idée pour leur album « Astérix en Corse ». Lorsqu’un client questionne, par exemple, le service qualité desSalaisons Sampiero Pittilloni, fabricant de charcuteries corses installé pas loin d’Ajaccio, la réponse sur l’origine du bourricot est pour le moins décomplexée : « Suite à votre demande concernant le saucisson d’âne, nous fabriquons bien ce produit, mais l’âne est importé d’autres pays. Il n’est ni corse ni français. » Le saucisson d’âne est un vrai filon pour les industriels de la charcutaille, mais impossible de compter sur l’âne insulaire. Si, dans les années 30, on recensait en Corse plus de 20 000 bourricots, ils ne sont plus qu’un millier. D’où le recours à de l’âne américain. Importée congelée le plus souvent du Brésil, d’Argentine ou des États-Unis, la viande des pauvres bêtes est mélangée avec les morceaux de porc, rarement corses eux-mêmes.

    Le saucisson d’âne, c’est l’arbre qui cache la forêt. À peine 10 % des 11 000 tonnes de lonzu et autres ficatellu sont fabriqués sur place avec le cochon du cru, le porcu nustrale. Un rustique, élevé en liberté pendant dix à douze mois dans la montagne. Tout le reste est confectionné avec des porcs industriels bretons, belges, néerlandais ou carrément chinois, souvent gavés de granulés énergétiques. Au mieux, les cochons allogènes débarquent à 6 mois pour être « finis » sur l’île en quarante-cinq jours. Au pire, ils arrivent sous forme de viande prédécoupée. Ne reste qu’à transformer sur place et à coller l’étiquette « corse », avec la tête de Maure qui va bien. Pour être dans les clous de la réglementation, il suffit en effet d’une seule étape de transformation locale, un simple salage, par exemple, et le tour est joué. Comme le précisent les Salaisons Sampiero, « des produits authentiques dont les recettes ancestrales sont pieusement appliquées ».

    Il y a six ans, les 150 petits producteurs qui se battent pour continuer d’élever du porcu nustrale ont bien réussi à décrocher une appellation d’origine protégée. Mais elle ne s’applique qu’à ces charcuteries : coppa, jambon sec corse, lonzu et prisuttu. Les vendeurs de saucissons d’âne peuvent continuer de voir la vie en rose. Et le touriste de braire de plaisir ?


  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Juillet à 10:53

    ... comme pour beaucoup de choses...

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